Comment j'ai pris conscience de mon hypersensibilité

Les émotions sous contrôle ?

Pendant longtemps, j’ai eu honte de ne pas retenir mes larmes. Je ne comprenais pas ce qui clochait chez moi, ni pourquoi je n’arrivais pas à tenir sous contrôle ces émotions.

Je me souviens, petite, des crises de larmes qui finissaient en sanglots, de ceux qui bloquent la respiration. Les adultes ne comprenaient pas pourquoi « je me mettais dans cet état-là ». Derrières ces mots, j’entendais toujours : « il y a un truc qui cloche chez toi ». Ils étaient sûrement désarmés, autant que moi sans doute, mais je ne me souviens pas qu’un seul d’entre eux ait pu me donner ne serait-ce qu’une piste à explorer…

J’ai grandi comme ça, avec la sensation de manquer de contrôle, d’avoir des réactions inadaptées, disproportionnées. Je me disais qu’en devenant adulte, qu’en grandissant, ça passerait. Mais ça n’est pas passé…

De nouvelles auto-critiques sont apparues. Je pensais manquer de maturité, je me sentais ridicule. Je me suis alors forgée une carapace (faut le dire vite !) comme j’ai pu : j’avalais des tonnes de nourriture pour me remplir, au point de me dégoûter. Le poids que je prenais était comme un rempart sensé tenir les autres à distance. Je n’ai gagné que honte et culpabilité, m’assommant de reproches pour mieux retomber dans mes travers…

Solitude

De nature joyeuse, je ne tenais pas si bien que ça les autres à distance. Alors j’ai continué mes processus autodestructeurs jusqu’à déconnecter totalement mon esprit de mon corps. Mon corps est devenu un véhicule, une coquille vide dont je ne prenais pas soin, et que je tentais de faire taire par tous les moyens.

Accueillir ses émotions et revenir à soi

Labyrinthe

Je ne sais pas vraiment à quel moment, ni pourquoi, j’ai commencé à retourner vers moi et à tomber dans les questions du développement personnel. Petit à petit, j’ai commencé à détricoter toutes ces couches, comme un oignon se départit de ses pelures, lentement mais sûrement.

Quand on commence à emprunter cette voie du retour à soi, il est impossible de faire marche arrière. Les avancées ne sont pas linéaires, mais plus on comprend qui on est, plus on comprend comment on fonctionne, plus on se rapproche de son essence. Comment alors s’arrêter en si bon chemin ?

A un moment dans ma vie, la photo a fait son entrée. Là non plus, je ne sais plus comment, ni quand exactement. Mais je me suis passionnée, j’ai rencontré des photographes qui m’ont expliqué les bases de la photo. Plus je me plongeais dedans, et plus je voulais apprendre. Exactement comme pour le développement personnel. Lorsque je partais en sortie photo, mon cerveau arrêtait de pédaler à toute vitesse. Le flot de mes pensées se calmait, j’accédais à une certaine forme de sérénité.

Les premiers retours sont encourageants : « il y a de l’idée ! », « tu as l’œil ! » … Je vais ainsi, de rencontre en rencontre, de conseil en conseil, et j’évolue doucement, par cycles successifs, passant de l’illusion d’être « pas mauvaise » à la sensation que je n’en suis qu’au début du chemin.

Synchronicités

Il y a un peu plus de deux ans, au cours d’une sortie photo, je prends un portrait d’un inconnu dans la rue. Encore quelques mois plus tôt, je n’aurais pas osé le faire, mais les années de développement personnel m’ont aidée à me sentir légitime et à assumer ce que je fais. Au moment de déclencher, l’artiste lève les yeux vers moi. Je ressens à cet instant une intense connexion. La photo a été prise avec le cœur, ma pellicule sensible. Mon appareil n’est qu’un outil, la photo un medium.

Cette anecdote a été le point de départ d’une nouvelle prise de conscience (hello, pelure d’oignon !). Je suis un être d’émotion. Je n’ai plus besoin de me cacher, essayer de tenir sous contrôle mes émotions est sans doute la plus grande erreur de toute ma vie. Je peux exprimer ce que je ressens sans crainte car c’est ma vérité. Peu importe ce qu’en pensent les autres, les stimuli sensoriels envoyés par le corps ne peuvent pas être remis en question. C’est une vérité chimique, neurologique, indéniable.

L'artiste

En une fraction de seconde, la petite graine a germé. Mes émotions sont ma plus grande force. J’ai un message à faire passer, ma sensibilité me permet de voir, de ressentir le Monde d’une façon unique, subtile. Ma contribution est de mettre en lumière l’extraordinaire dans l’ordinaire. En un regard, je m’étais sentie légitime, accueillie, reconnue.

Tout récemment, je tombe sur un post de Gladys sur Instagram qui parle des émotions. Je réagis en parlant de mon hyper sensibilité, mais à ce moment-là, je ne prends pas encore toute la mesure de ce que ça signifie.

Nouveau point de départ. Gladys me recommande le compte d’Elodie Crepel, puis celui de Nathalie Alsteen (Emotifs Talentueux). En quelques jours, je pèle encore deux ou trois couches de l’oignon que je suis, me rapprochant encore un peu plus de mon essence.

L'acceptation, premier pas vers la Paix Intérieure

La compréhension. De ce qui se passe en moi. De qui je suis. De comment je fonctionne. L’acceptation. Non, je ne suis pas comme tout le monde, et c’est tant mieux ! Ma différence, LA différence, est une force. La différence, c’est la complémentarité. Ma sensibilité : ma singularité.

Tant pis si mes larmes coulent à un moment où je ne m’y attends pas, parfois au milieu d’une réunion de travail. Tant pis si elles vous mettent mal à l’aise. Tant pis si ça ne se fait pas. Mes larmes, mes émotions, mon hyper réactivité émotionnelle et intellectuelle, font de moi la personne que je suis et je ne vais plus m’excuser pour ça. Non, je ne vais plus lutter contre ça.

Par contre, là où je peux contribuer, c’est en vous expliquant mon fonctionnement. Je peux vous donner des codes, des clés pour savoir comment réagir, face à mes émotions qui vous paraissent démesurées. Gustave Flaubert disait : « Je suis doué d’une sensibilité absurde, ce qui érafle les autres me déchire ». Mon Monde est comme ça. C’est parfois dur à vivre sur le moment. C’est parfois douloureux, cruel, injuste. C’est parfois beau, magnifique, splendide. En tout cas, c’est toujours intense.

La femme au parapluie

M’autoriser à vivre ma vie de manière intense, juste, avec authenticité, c’est aussi donner à voir aux autres, qu’ils soient hypersensibles ou non, que c’est possible. L’imitation est la voie d’apprentissage la plus connue, la plus utilisée, la plus efficace sans doute. J’espère ainsi que chaque être pourra s’autoriser à être lui-même, dans son essence propre, pour rayonner et contribuer au Monde de la plus belle des manières.

J’ai l’habitude de dire que c’est l’Art et l’Amour qui sauveront le Monde. En fait, je suis intimement convaincue que c’est la même chose. Peu importe votre Art, exercez-le dans la joie. Les lois de l’Univers feront le reste…

Laure Cartel, auteure photographe et Educatrice de Jeunes Enfant

Si je me présente aujourd’hui comme un être d’émotion, je me suis longtemps définie par ma fonction : Educatrice de Jeunes Enfants. La photographie est avant tout une passion, mais elle est devenue un second métier, une seconde nature il y a quelques années quand j’ai pris un statut d’auteure photographe. Je navigue aujourd’hui entre ces deux métiers qui me tiennent à cœur, exprimant chaque jour un peu plus mon identité singulière et révélant au grand jour ma sensibilité extra-ordinaire, la mettant au service de mes activités et de mes publics, en attendant de créer la formule magique qui unira le tout avec fluidité, pour mon plus grand bonheur…

Pour en savoir plus : https://www.laurecartel-pictures.com

A coeur ouvert
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